D'une manière générale, pourquoi les Africains devraient-ils se préoccuper du changement climatique ? Comment l'expliquer au commun des mortels ?
La réalité du changement climatique s'est imposée à nous depuis quelques années déjà. En particulier pour nos communautés rurales qui dépendent des ressources naturelles pour leur subsistance.
Il est probable qu'un habitant des centres urbains tels que Lagos, Johannesburg ou Le Caire veuille avoir une opinion académique sur le sujet, car la seule chose qu'il voit est le caractère erratique des pluies, sans conséquence directe sur sa vie quotidienne, car après tout, il puise son eau au robinet. Mais pour les communautés rurales du continent qui doivent tirer toutes leurs ressources de mère nature, la réalité est très dure.
Par exemple, les ruisseaux ou les rivières qui constituaient leur source de vie s'assèchent et ne peuvent plus les alimenter. En conséquence, la productivité agricole diminue. Ces personnes peuvent à peine récolter suffisamment de produits pour la saison suivante.
Ce sont des choses que ces personnes peuvent voir. La seule chose que l'on puisse faire est de leur expliquer que leurs mécanismes d'adaptation traditionnels ne sont peut-être plus adaptés et qu'ils ont donc besoin d'un soutien sous forme d'outils supplémentaires.
Mais même pour ceux qui veulent être académiques, les citadins par exemple, et pour ceux qui ne prêtent peut-être pas beaucoup d'attention aux événements météorologiques, vous pouvez leur montrer que dans la plupart de leurs pays, les délestages sont fréquents parce qu'il n'y a pas assez d'électricité produite en raison de la baisse du niveau des eaux. Peu importe où l'on se trouve, le changement climatique touche tout le monde.
Nous devrions donc tous nous sentir concernés, car le changement climatique a un impact sur l'économie de l'Afrique ainsi que sur sa trajectoire de développement, et ses effets néfastes coûtent des vies. Les récentes inondations en Afrique du Sud et leur impact sur la vie des gens et l'économie en sont un autre exemple.
Les défenseurs du climat soulignent que l'Afrique ne contribue qu'à hauteur de 4 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais qu'elle est fortement menacée par la crise climatique. Cet argument trouve-t-il un écho dans le monde développé ?
Il l'est toujours et nous continuerons à le faire valoir. Le groupe africain soutient la nécessité de prendre en compte cette contribution négligeable et l'impact négatif auquel le continent est confronté. Il est important que les militants mettent en lumière les intérêts africains et soutiennent notre programme de développement durable.