Un rapport de 2024 de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a révélé que plus de 60 % des victimes de la traite identifiées en Afrique de l’Ouest sont des enfants. La forme d’exploitation la plus répandue reste la mendicité forcée (64 %), suivie de l’exploitation sexuelle (34 %).
PAPEV : une boussole et un bouclier
Face à cette situation d’urgence, le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest (WARO) du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, en partenariat avec l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), a lancé en 2019 le « Projet de soutien à la protection des enfants victimes de violations des droits » (PAPEV).
« Les enfants sont l’avenir de ces nations. Pour qu’ils deviennent les acteurs de demain, ils doivent grandir en sécurité et en bonne santé, tant sur le plan physique que psychologique », a déclaré Marco Falcone, représentant de l’AICS. « Le partenariat entre l’AICS et [l’ONU] est né d’une conviction simple : il ne peut y avoir de progrès durable sans une enfance épanouie et sécurisée. »
Présent en Gambie, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Mali, au Niger et au Sénégal, le PAPEV aide les États à mettre en œuvre leurs engagements internationaux et régionaux en matière de droits de l’enfant. Le projet renforce les systèmes nationaux de protection de l’enfance, améliore l’accès à des services de qualité et garantit des réponses durables aux situations de violence, de traite et d’exploitation.
« L’objectif n’est pas seulement de protéger les enfants du danger, mais de créer un environnement où leurs opinions comptent vraiment », a déclaré Robert Kotchani, représentant régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest.
Des résultats concrets pour les enfants
Depuis son lancement, le PAPEV a agi sur de nombreux fronts. Plus de 5 000 enfants ont bénéficié directement des actions du projet, en particulier pendant la pandémie de Covid-19, une période d’extrême vulnérabilité pour les enfants.
Dans les six pays concernés, plus de 50 structures d’accueil ont été équipées et renforcées, grâce à un investissement total d’environ 200 000 dollars. Près de 1 500 professionnels des secteurs judiciaire, social et administratif ont été formés afin d’améliorer l’accueil, la prise en charge et l’accès à la justice des enfants en situation de rue. Ces efforts ont contribué à l’adoption de réformes clés, notamment en matière de placement familial alternatif et de droits des enfants à la justice.
Depuis 2022, les États d’Afrique de l’Ouest se sont unis contre la traite transfrontalière dans le cadre d’une rencontre régionale stratégique, le Forum de Banjul, lancé par le PAPEV afin de renforcer la protection de l’enfance dans la région et de créer un environnement plus sûr pour ses enfants les plus vulnérables.
« Grâce au PAPEV, les droits de l’enfant sont devenus un enjeu central du travail de la WARO. Nous devons tous œuvrer ensemble pour offrir aux enfants les meilleures chances possibles dans la vie », a déclaré M. Kotchani.
Réintégration familiale et suivi durable
Pour certains enfants, l’espoir s’est concrétisé par un retour en toute sécurité dans leur pays d’origine. En Gambie, en Guinée, en Guinée-Bissau et au Sénégal, 245 enfants ont retrouvé leur famille, grâce à des programmes de réintégration sociale et professionnelle financés par le PAPEV.
Leur retour va au-delà du simple rapatriement.
« Il ne s’agit pas seulement de ramener l’enfant chez lui, mais de l’accompagner tout au long de sa réintégration, afin qu’il ne parte plus jamais », a déclaré Aly Dagga Mbaye, directeur de l’école coranique de Wack Ngouna, dans la région de Kaolack.
Le suivi post-réintégration est devenu une priorité absolue pour le PAPEV, afin de garantir la dignité, la sécurité et la stabilité de chaque enfant à long terme.
« La famille constitue l’environnement naturel et optimal pour le développement de l’enfant », a déclaré Aminata Kébé, coordinatrice régionale du projet pour WARO. « Lorsqu’un enfant est privé de cet environnement protecteur, il est de notre devoir moral et juridique collectif de lui garantir des solutions de prise en charge respectueuses de sa dignité et axées sur son intérêt supérieur. »
Cet article a été publié pour la première fois par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

