Les inondations qui ont ravagé la Sierra Leone ont dévasté des communautés et des terres agricoles, contraignant de nombreux jeunes — dont Michael — à interrompre leur scolarité. En grandissant, Michael a constaté de ses propres yeux à quel point les effets du changement climatique mettaient à rude épreuve les agriculteurs locaux et endommageaient leurs récoltes, ce qui a forgé sa compréhension des défis auxquels ils étaient confrontés et son engagement à trouver des solutions axées sur le climat.
« Je me suis tourné vers la question du changement climatique pour voir comment je pouvais plaider en faveur de solutions climatiques et favoriser une participation inclusive des enfants et des jeunes », explique-t-il.
Le véritable tournant pour Michael s’est toutefois produit lors de la mise en œuvre d’un projet communautaire où les agriculteurs peinaient à préserver leurs rendements faute d’électricité adéquate – ce qui a mis en évidence le besoin urgent de solutions modernes.
« Ce fut le moment décisif qui a scellé mon engagement en faveur d’une agriculture intelligente face au climat », explique-t-il. Animé par la conviction que la jeunesse sierra-léonaise détient la clé de la sécurité alimentaire, Michael s’est alors tourné vers les énergies renouvelables et les politiques fondées sur des données probantes afin de renforcer la résilience des communautés.
Des mouvements citoyens à une force nationale de changement
Actuellement inscrit en master de gestion environnementale et contrôle de la qualité à l’université de Njala, Michael allie rigueur académique et militantisme citoyen. En 2021, il a cofondé le Forum pour l’agriculture, l’innovation et l’autonomisation des enfants et des jeunes (FAICEY-SL), une organisation dirigée par des jeunes qui s’engage à susciter des changements positifs en matière d’agriculture durable et de pratiques environnementales responsables.
Les programmes visent à former les agriculteurs et les communautés aux pratiques adaptées au changement climatique, à accélérer la transition de la Sierra Leone vers les énergies renouvelables grâce à des projets solaires à l’échelle communautaire, à promouvoir des stratégies de préservation de l’environnement et à soutenir les jeunes scolarisés et non scolarisés dans le cadre de l’éducation au climat.
Le FAICEY-SL est passé d’un mouvement local à une force nationale de changement, en déployant avec succès la technologie des séchoirs solaires dans des communautés telles que Lalehun, Binkolo et Kpawula. Ces projets permettent aux agriculteurs locaux de valoriser leurs récoltes, de réduire le gaspillage et de se préparer à relever les défis futurs, alors que les effets du changement climatique ne cessent de s’intensifier sur tout le continent.
« Je considère cette initiative comme un vecteur d’autonomisation. Non seulement nous promouvons des méthodes qui renforcent la sécurité alimentaire et favorisent des environnements plus sains, mais nous donnons également aux jeunes les compétences nécessaires pour transformer leur propre environnement », explique Michael.
Par exemple, l’efficacité énergétique reste un défi majeur en Sierra Leone. Par l’intermédiaire de FAIECY-SL, Michael a dispensé une formation pratique en présentiel et apporté son soutien à 30 jeunes dans le domaine des énergies renouvelables, en mettant particulièrement l’accent sur l’installation et la maintenance des systèmes solaires.
Par ailleurs, la gestion incontrôlée des déchets constitue un grave problème dans des villes comme Bo et Freetown. Par le biais de son organisation, Michael soutient le service de gestion des déchets de la mairie de Bo en mobilisant des jeunes de son université et de sa communauté pour qu’ils participent à son opération « Clean Bo Initiative » et en proposant des formations gratuites sur les méthodes de recyclage des déchets. Ces initiatives soutiennent les jeunes et leur donnent les moyens d’agir grâce aux compétences nécessaires pour transformer leurs communautés.
Un impact communautaire au-delà de la Sierra Leone
En 2023, Michael a été nommé « Jeune ambassadeur de l’UNICEF pour le climat » pour avoir été le fer de lance des solutions climatiques au sein de sa communauté. Qu’il s’agisse de créer une planète plus résiliente face au changement climatique, de lutter contre les violences sexistes ou de défendre les droits des enfants en situation de handicap, les jeunes ambassadeurs de l’UNICEF font entendre leur voix et agissent en faveur des droits des enfants partout dans le monde.
« Protéger l’environnement africain est essentiel pour l’avenir ; cela définit la jeunesse africaine moderne comme une jeunesse qui utilise l’éducation pour s’orienter dans les systèmes mondiaux tout en restant ancrée dans les valeurs locales », ajoute Michael. Pour lui, la gestion responsable de l’environnement est le seul moyen de construire un avenir durable et autonome pour le continent.
Au-delà de son engagement et de son action au sein de la FAIECY SL, l’influence de Michael s’étend à la diplomatie internationale. Il a représenté la jeunesse africaine lors des événements de la COP29 et dirige actuellement le renforcement des capacités de 20 initiatives environnementales menées par des jeunes à travers le continent, en collaboration avec l’UNESCO et Nestlé.
L’initiative de renforcement des capacités « Youth Impact » de l’UNESCO et Nestlé vise à donner les moyens d’agir aux jeunes acteurs du changement en leur fournissant les ressources essentielles, le mentorat et les compétences techniques nécessaires pour développer leurs projets communautaires. En tant que partenaire régional de renforcement des capacités, l’accent est mis sur le suivi de la mise en œuvre de ces initiatives menées par des jeunes à travers l’Afrique, en veillant à ce que les bénéficiaires reçoivent des retours personnalisés afin de maximiser leur impact social et environnemental.
« Assister à l’évolution de ces vingt initiatives menées par des jeunes et les soutenir a été une source d’inspiration profonde. Les jeunes ne sont pas seulement les leaders de demain — ils sont les architectes d’aujourd’hui. Lorsque nous leur fournissons les bons outils et une plateforme leur permettant de s’impliquer de manière significative, ils peuvent transformer des objectifs climatiques et sociaux ambitieux en réalités concrètes au niveau local. »

