Maryam Bello est une jeune leader nigériane qui s'est donné pour mission de résoudre, selon ses propres termes, les problèmes dont les autres parlent. Elle a cofondé Parker's Mobile Clinic, qui fournit des soins de santé grâce à la télémédecine et à l'intelligence artificielle, en particulier lors de catastrophes climatiques. Elle dirige également ITIS 4 Development, où elle travaille sur des outils climatiques et des solutions numériques qui autonomisent les communautés défavorisées. Dans toutes ses initiatives, sa motivation est simple : créer des systèmes qui répondent aux besoins des gens là où ils se trouvent et les aider à se construire une vie meilleure.
Partir de l'expérience
Maryam a compris très tôt dans sa vie que l'accès aux soins de santé dépend souvent du lieu où l'on vit et de ses moyens financiers. Cette prise de conscience l'a amenée à créer Parker's Mobile Clinic, un système qui fournit des services de santé aux régions isolées et inondables.
« Trop de vies étaient perdues simplement parce que les soins étaient inaccessibles », explique-t-elle à Afrique Renouveau.
Sa conviction que la technologie peut avoir un impact positif remonte à l'âge de 14 ans. Elle a compris que la technologie pouvait résoudre de réels problèmes humains, et cette idée ne l'a plus quittée.
« À 14 ans, j'ai compris que la technologie avait le pouvoir de résoudre des problèmes humains complexes. Cette expérience a changé ma façon de voir l'innovation, non plus comme quelque chose de lointain ou de technique, mais comme un outil d'empathie. »
Son enfance, marquée par des ressources limitées mais un espoir fort, lui a appris que l'inégalité n'est pas une fatalité. C'est quelque chose que l'on peut changer avec les bons outils et la volonté nécessaire.
« J'ai grandi dans une communauté modeste où l'espoir se heurtait souvent à la difficulté. J'ai vu des amis renoncer à leurs rêves, non pas par manque de talent, mais par manque d'opportunités. »
Un jour, elle a demandé à son père si la vie allait toujours être ainsi, et elle se souvient qu'il lui a répondu : « Tu vas être différente. » Ce moment l'a marquée à jamais et lui a fait comprendre que « l'inégalité n'est pas une fatalité, c'est une situation qui peut être transformée par la volonté et l'innovation ».
Son éducation, ajoute-t-elle, lui a appris que « l'accès est le fondement de la dignité. C'est pourquoi le travail de ma vie consiste à créer des systèmes qui ne se contentent pas de servir les gens, mais qui leur donnent les moyens de réécrire leur propre histoire ».
De la parole à l'action
Maryam se concentrait uniquement sur la sensibilisation.
Mais elle savait que la sensibilisation ne suffisait pas. Tout a changé lorsqu'un projet pilote de télémédecine a aidé une femme à accoucher en toute sécurité pendant une inondation.
« C'est à ce moment-là que je suis passée de la discussion des problèmes à la création de solutions », explique-t-elle.
La clinique mobile de Parker a désormais aidé plus de 100 000 personnes défavorisées. Elle utilise des unités de santé mobiles, des consultations à distance et des solutions hors ligne pour rendre les soins de santé accessibles même en cas de catastrophe. Le projet a été élaboré grâce aux commentaires constants des communautés.
Elle a dû faire face à des revers, notamment la perte de financement et l'arrêt des opérations. Mais elle a appris à s'adapter. « La durabilité n'est pas seulement une question d'argent. C'est aussi une question de flexibilité », explique-t-elle.
Climate, innovation, and youth
Dans le cadre d'ITIS 4 Development, Maryam dirige d'autres projets liés au climat, notamment des cuisinières propres pour les femmes rurales, des applications mobiles pour mesurer les émissions de carbone et des programmes d'éducation au climat pour les jeunes.
Elle a représenté le Nigeria lors de plusieurs événements mondiaux majeurs : la COP27, la COP28, l'Assemblée africaine des jeunes pour le climat au Kenya, etc. Lors de la COP27, elle a proposé des lignes directrices pour les programmes scolaires afin d'aider les jeunes à apprendre les mesures à prendre pour lutter contre le changement climatique. Elle a également été finaliste du concours Youth4Climate (PNUD 2023) et figure parmi les 29 finalistes du concours Ashoka Green Change Makers.
Maryam croit en la sensibilisation du public et participe à des plateformes de leadership pour les jeunes. Elle utilise sa voix pour amplifier les messages de campagne.
L'une de ses récentes interventions a eu lieu lors d'un événement TEDx intitulé : « Je sais que l'Afrique peut se relever et reconquérir son avenir ! — Y croyez-vous ? »
« Je veux que toutes les personnes présentes dans la salle prennent conscience qu'elles peuvent faire partie de la solution », déclare-t-elle. Elle partage les mesures concrètes que les gens peuvent prendre, en cherchant toujours à passer de la parole à l'action.
Elle équilibre l'espoir et la vérité : « L'inspiration sans honnêteté est vide ; l'honnêteté sans espoir est paralysante. »
Maryam souhaite voir la jeunesse africaine passer du statut d'observatrice à celui de bâtisseuse. « Elle ne doit pas se contenter d'hériter de l'Afrique, elle doit la redessiner », affirme-t-elle. « Ce n'est pas la technologie qui change les choses, ce sont les gens, lorsqu'ils comprennent les besoins de leur communauté. »

