À l’âge de neuf ans, Mariam Solika a regardé un documentaire sur le changement climatique à l’école : « Je me souviens avoir été submergée par l’idée que la planète était en danger, mais ce qui m’a le plus marquée, ce n’était pas la peur, mais l’action qui a suivi. »
Son école a encouragé tous les élèves à planter des arbres, à repenser leurs habitudes quotidiennes et à comprendre que même les jeunes pouvaient contribuer au changement. Ce moment – le passage de la peur à l’action – allait discrètement définir le reste de sa vie.
Aujourd’hui, Mariam est fondatrice et PDG de The Good News (TGN), qu’elle décrit comme la principale plateforme d’actualités positives du monde arabe, et l’une des Jeunes leaders des Nations Unies pour les Objectifs de développement durable (ODD). Elle souligne que son travail se situe à la croisée de la narration numérique, de l’autonomisation des jeunes et des politiques publiques.
Une plateforme pour l’espoir
Lancée en 2020 alors qu’elle n’avait que 21 ans, Mariam affirme que TGN est une plateforme qui reflète l’ambition, la résilience et la créativité de la jeunesse arabe d’aujourd’hui. Grâce à cette plateforme, Mariam a permis à plus de 20 000 jeunes d’accéder à des opportunités d’apprentissage, d’épanouissement et de leadership. Des projets étudiants, des initiatives communautaires et des solutions climatiques qui restaient autrefois dans l’ombre bénéficient désormais de visibilité, de soutien et d’un élan nouveau.
« Au fond, The Good News existe pour amplifier l’espoir. Nous voulons devenir un miroir pour les jeunes — en renvoyant leur lumière vers le monde afin qu’ils puissent voir la force et le potentiel qu’ils portent déjà en eux », explique Mariam.
La plateforme est devenue un espace où partager des histoires qui passent souvent inaperçues, célébrer les réussites des jeunes, mettre le public en relation avec des opportunités et des ateliers, et créer du contenu qui rappelle aux gens qu’un changement positif est possible.
Du monde numérique à la scène internationale
L'action de Mariam dépasse largement le cadre du monde numérique. Elle a occupé le poste de conseillère en communication pour la jeunesse lors des COP27, COP28 et COP29, contribuant ainsi à faire entendre le point de vue et la voix des jeunes dans les débats mondiaux sur le climat.
« Cette vocation ne m'a jamais quittée ; elle a simplement évolué à mesure que j'ai acquis davantage d'outils, de connaissances et que j'ai renforcé mes réseaux internationaux pour avoir un impact », explique-t-elle.
En 2023, l’UNICEF Égypte a désigné Mariam comme la « Jeune la plus inspirante » du pays, reconnaissant ainsi sa capacité à traduire l’optimisme en action.
En 2025, elle a été nommée Jeune leader pour les ODD par le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse et a eu l’occasion de diriger et de participer à des dialogues aux niveaux local, régional et mondial.
« L’un des moments qui m’ont le plus marquée a été d’être invitée à prendre la parole lors du plus grand événement égyptien consacré au développement durable pour les jeunes, organisé par Act Sustainable. Ce fut une source d’inspiration incroyable de me retrouver parmi des centaines de jeunes véritablement passionnés par l’idée de faire bouger les choses et désireux d’acquérir les outils nécessaires pour y parvenir. »
En tant que Jeune Leader pour les ODD et membre du Conseil consultatif des jeunes des Nations Unies en Égypte, Mariam continue d’élaborer des stratégies qui placent les jeunes au cœur du développement durable. Entre les espaces numériques et les couloirs du pouvoir, Mariam est au cœur de l’autonomisation des jeunes, prouvant que l’espoir est à la fois un message et un mandat.
« Lorsque les médias traditionnels ont tourné le dos à ce que je ressentais et aux histoires qui, selon moi, devaient être racontées, j’ai cessé d’attendre qu’on me donne la permission. Pour notre génération, avoir une place à la table n’est plus un privilège qui nous est accordé : nous construisons nos propres tables, créons nos propres sièges et invitons les autres à nous rejoindre. L’un des moments les plus réconfortants de ma carrière de militante est de voir un autre jeune inspiré par ce que j’ai créé, puis de le regarder tracer son propre chemin, construire sa propre plateforme et faire entendre sa propre voix. »

