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Les minéraux essentiels de l'Afrique en passe de propulser la transition mondiale vers l'énergie verte

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Les minéraux essentiels de l'Afrique en passe de propulser la transition mondiale vers l'énergie verte

Le Sommet africain sur le climat 2025, appelle l'Afrique à se positionner de manière à tirer profit de ses vastes ressources grâce à la valeur ajoutée plutôt que de continuer à se contenter de l'extraction brute.
2025-10-07
Open-pit mine.
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Mine à ciel ouvert.
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Bien que l'Afrique détienne plus de 30 % des minéraux verts essentiels au monde, notamment le cobalt, le lithium, le manganèse et les éléments de terres rares indispensables à la fabrication de batteries, d'éoliennes et de panneaux solaires, cela ne s'est pas traduit par la prospérité du continent.

Lors du Sommet africain sur le climat 2025 qui s'est tenu à Addis-Abeba en septembre 2025, les dirigeants et les experts ont exploré les moyens permettant à l'Afrique de tirer davantage parti de ses ressources.

Sous le thème « Accélérer les énergies renouvelables, les solutions fondées sur la nature, la mobilité électrique et le financement de la lutte contre le changement climatique », le sommet a cherché des moyens de construire un avenir résilient et prospère pour l'Afrique. La question importante était toutefois de savoir si l'Afrique allait continuer à exporter ses matières premières pour que d'autres en tirent profit ou si elle allait saisir cette occasion pour mener à bien son programme de transformation.

S'exprimant lors du sommet, le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), Claver Gatete, a appelé à un front africain uni afin d'exploiter ces ressources de manière stratégique. « Nous ne pouvons pas nous permettre de reproduire les schémas d'exploitation du passé », a-t-il déclaré. 

« L'Afrique doit s'industrialiser en utilisant ses propres ressources, en créant des emplois et en assurant une croissance durable pour nos populations. » La course actuelle à l'énergie propre à zéro émission nette a déclenché une forte augmentation de la demande mondiale en minéraux utilisés dans les batteries, les panneaux solaires et les éoliennes, dont l'Afrique est un fournisseur clé. 

M. Gatete a souligné la nécessité pour les gouvernements africains d'investir dans la transformation locale, la valeur ajoutée et une coopération régionale plus forte, et d'éviter d'exporter des minéraux bruts.

Risques et opportunités

Le sommet a mis en évidence à la fois les opportunités et les risques. D'une part, les minéraux critiques pourraient générer des milliards de revenus, accélérer l'industrialisation propre et aider l'Afrique à atteindre les ODD.

D'autre part, une extraction incontrôlée ne profiterait pas aux Africains et aggraverait les inégalités et la dégradation de l'environnement.

M. Gatete a appelé à renforcer les capacités continentales pour traiter, raffiner et fabriquer des composants tels que des batteries en Afrique. Il a cité l'initiative de la CEA-Afreximbank relative à la chaîne de valeur des batteries et des véhicules électriques (BEV), lancée en RDC et en Zambie, visant à créer des zones économiques spéciales (ZES) pour la production de précurseurs et de composants de batteries pour véhicules électriques, comme exemple concret de cette transition « de l'extraction des ressources à l'innovation technologique et à la priorisation de la valeur ajoutée locale ».

Pour aller plus loin, les participants ont souligné l'importance de la ZLECAf pour développer des chaînes de valeur régionales intégrées, réduire la dépendance vis-à-vis de l'extérieur et dégager des économies d'échelle. Dans le même ordre d'idées, ils ont appelé à l'unité continentale afin d'éviter des politiques nationales fragmentées qui pourraient affaiblir le pouvoir de négociation de l'Afrique.

Pour remédier à cette situation, la CEA a proposé la création d'une Alliance africaine pour les minéraux critiques afin d'harmoniser les réglementations, de négocier de meilleurs accords commerciaux et de promouvoir les collaborations intra-africaines.

« L'union fait notre force », a rappelé M. Gatete aux participants. « En travaillant ensemble, les pays africains peuvent faire en sorte que les minéraux verts deviennent un fondement de la prospérité, et non une nouvelle occasion manquée. »

Le déficit de financement de l'Afrique pour l'action climatique a également été abordé lors du sommet, les dirigeants renouvelant leurs appels en faveur d'un financement international accru pour le climat, d'un allègement de la dette et d'un transfert de technologies. Ils ont également souligné l'importance des investissements du secteur privé visant à renforcer les chaînes de valeur régionales, à développer les capacités de transformation locales et à étendre les infrastructures essentielles.

Le Sommet africain sur le climat 2025 s'est achevé par l'adoption de la Déclaration d'Addis-Abeba, un engagement renouvelé à placer la durabilité, l'équité et le développement local au cœur de l'exploitation minière. Le message était clair : l'Afrique détient la clé de la transition verte mondiale. Le défi consiste désormais à transformer ce potentiel en une prospérité durable et inclusive pour ses populations.

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